Le film “Le cerveau des enfants” : compléments, pour et contre


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Le film “Le cerveau des enfants”

compléments, pour et contre

Cet article fait suite à trois autres sur le film “Le Cerveau des enfants, un potentiel infini” de Stéphanie Brillant :

LE CERVEAU DES ENFANTS un potentiel infini – le film : le pour et le contre
Enseignants : Prenez soin de vous et du cerveau des enfants !
Enseignement & cerveau des enfants : maintenant on sait ! 

Vous y découvrirez des compléments de chercheurs en neurosciences  et sciences cognitives. Vous apprendrez également les mythes sur le cerveau que véhicule ce film. Je vous expliquerai finalement les scènes que j’ai moins appréciées et pourquoi.

C’est le 20e article de mon défi blog.

Des compléments intéressants sur le film “Le cerveau des enfants”

Grâce à Solange Denervaud et Adrien Chopin, les spectateurs du film “Le Cerveau des enfants” ont pu avoir des réponses à leurs interrogations.

Solange Denervaud est doctorante en Neuroscience Affective à la CISA de Genève et Adrien Chopin, chercheur en Sciences Cognitives à la Faculté de Psychologie & Sciences de l’Éducation de l’Université de Genève.

Seulement 4 activités permettent de transférer les compétences acquises

Dans le film “Le Cerveau des enfants” on apprend que la pratique intensive de la MUSIQUE et de la MÉDITATION sont bénéfiques au développement du cerveauEnseignement & cerveau des enfants : maintenant on sait !

Musique film cerveau des enfants                          

Adrien Chopin nous explique que ces deux activités font partie de celles qui permettent de transférer les compétences acquises à d’autres activités.

En plus de la musique et de la méditation, la pratique du SPORT permet au cerveau de se développer d’une façon optimale et de transférer les compétences acquises.

Sport enfant

Il y a une quatrième activité sur laquelle Adrien Chopin fait ses recherches et qui remplit également ces critères. Ce sont les JEUX VIDÉO D’ACTION. Il précise que cela ne veut pas forcément dire violent.

Jeux vidéo action

Il nous apprend que ces activités ont en commun le fait de mettre l’enfant qui les pratique en état de flow. Ce terme désigne une personne qui est totalement absorbée par ce qu’elle fait et concentrée.

Je remarque que plus les enfants sont jeunes, plus ils se mettent facilement et fréquemment dans cet état de flow. Observez les bébés, c’est impressionnant 🙂

Et les écrans dans tout ça ?

Les études montrent que l’exposition aux écrans a un impact négatif sur le développement cognitif du jeune enfant, particulièrement quand elle concerne les enfants âgés de moins de trois ans. Selon leur utilisation, ils diminuent l’acquisition du langage et de l’attention, ils provoquent des troubles alimentaires et des troubles du sommeil.

Ecrans enfants

Pourtant, grâce à un médiateur adulte, ils peuvent être utilisés avec profit. L’adulte arrêtera la vidéo pour poser des questions, attirer l’attention sur certains mots ou objets, comme il le ferait avec un livre. Adrien Chopin développe cela avec d’autres collègues dans cet article.

Olivier Houdé explique que les écrans sont physiologiquement mauvais (pour tout le monde) juste avant de s’endormir. Il précise qu’ils ont également des aspects positifs. Comme les jeux éducatifs qui permettent à l’enfant d’avoir un feedback régulier et bienveillant (l’ordinateur de ne s’énerve pas).

Solange Denervaud, dans son dernier livre “Montessori à la maison – J’apprends à apprendre”, écrit que l’enfant tend à imiter ce qu’il observe. Que cela soit en direct ou via des images sur un écran. Il faut donc faire particulièrement attention aux écrans et à leur contenu ! Les enfants, jusqu’à 8 ans environ, ont de la peine à faire la différence entre le réel et l’imaginaire.

Les personnages fictifs seront donc aussi imités !

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De votre pédagogie dépend le développement du cerveau de l’enfant

Solange Denervaud effectue des recherches pour comprendre l’impact de l’environnement pédagogique sur le développement cérébral des enfants.

Elle nous explique que, selon la pédagogie utilisée en classe, le développement du cerveau sera plus ou moins stimulé.

Vous saviez déjà que le contexte scolaire est important pour l’apprentissage des enfants. Qu’ils ont besoin d’un cadre sécure pour pouvoir se concentrer. Vous savez maintenant que l’environnement pédagogique que vous mettez en place est déterminant pour la maturation de son cerveau de façon globale.

Utiliser plusieurs médias en même temps donne l’illusion d’être efficace

Un point écrit pour les plus grands enfants que nous sommes également.

Adrien Chopin nous donne des informations qui me rappellent un message souvent entendu : notre cerveau n’est pas fait pour le multitâche. Grâce à lui, j’apprends que l’utilisation simultanée de médias est même contre-productive.

En effectuant plusieurs tâches à la fois, nous pouvons avoir l’impression d’être très efficaces et même de l’être de plus en plus. Du coup, nous sommes devenus des “spécialistes” du mutlitâche :

– Téléphoner en conduisant (avec un kit main-libre),

– Corriger des exercices en répondant à ses SMS,

– Répondre à un mail de ses collègues en écoutant la radio …

Enfin ! Je suis certaine que vous avez d’autres exemples. Vous êtes peut-être même en train de faire autre chose pendant que vous lisez cet article 😉

En classe, vous faites du multitâche, lorsque vous observez un élève tout en répondant à un autre.

Cela nous donne l’illusion de pouvoir en faire plus et d’être attentif à plusieurs choses en même temps. Adrien Chopin, nous explique que ce n’est pas tout à fait ça.

Pour bien comprendre, il faut faire la différence entre le multitâche et la consommation simultanée de média (media multitasking).

Le media multitasking s’applique lorsque vous suivez plusieurs médias à la fois :

– Téléphoner en lisant vos SMS

– Écouter la radio en écrivant un mail

– Regarder Facebook tout en publiant une photo sur Instagram …

Media multitasking

Il est prouvé scientifiquement que la consommation simultanée de média diminue notre faculté d’effectuer du multitâche. Par contre, les études montrent qu’il est possible d’augmenter un peu ses capacités de multitâche par la pratique, mais que l’apprentissage est assez spécifique (par ex. s’entrainer a lire des emails en regardant la télévision peut nous permettre de devenir meilleur sur cette tâche, mais ne se transfère pas à la tâche de manger en discutant).

Adrien Chopin m’a transmis une étude de son collègue Pedro Cardoso-Leite qui explique que les jeux vidéos d’action augmentent notre capacité à faire du multitâche. C’est-à-dire que les capacités apprises en jouant à ces jeux sont transférables, comme vu plus haut. Au même titre que la musique, le sport ou la méditation.

En tant qu’enseignant, je pense qu’on se spécialise dans plusieurs mutlitâches car nous avons toujours un oeil sur les élèves, quoi que nous fassions. En pratiquant la musique, la médiation, le sport ou encore les jeux vidéos d’action, nous pouvons améliorer ces capacités.

Des informations erronées sur le cerveau dans le film “Le cerveau des enfants”

Cette question a été soulevée par un spectateur lors de l’avant-première du film.

Le mythe du cerveau droit et du cerveau gauche

Mythe: l’hémisphère droit est le siège de l’imaginaire et de la créativité alors que le gauche gère le langage et les fonctions analytiques.

Mythe cerveau gauche droit

Plusieurs études scientifiques prouvent que nous ne pouvons plus dire cela et que l’hémisphère gauche ou droit peuvent être tout autant activés, pour la même fonction, voire le droit plus que le gauche pour le langage.

Voici un article qui parle d’une de ces études :

https://www.futura-sciences.com/sante/actualites/medecine-fin-mythe-personnes-cerveau-droit-gauche-48433/

Le mythe des périodes de plasticité neuronale

Un autre mythe a été relevé lors de la discussion concernant la plasticité neuronale. Elle est, en effet, particulièrement importante dans l’enfance et à l’adolescence, mais pas seulement. Nous avons, durant toute notre vie de fortes capacités d’apprentissage et même pour des capacités comme la vision ou l’audition.

Pour aller plus loin, je vous propose un article rassemblant 5 mythes sur le cerveau.

Des scènes du film “Le cerveau des enfants” auxquelles je n’adhère pas et pourquoi

Avec le nombre d’écoles alternatives et d’enseignants dans le système public qui appliquent des pédagogies respectant le rythme et les besoins de l’enfant, je suis assez déçue de deux propositions du film.

Des abeilles dans un hangar

Il est essentiel pour l’enfant de bouger et de vivre les sciences pour les apprendre. Par exemple, en se mettant dans la peau d’une abeille. C’est ce que nous montre le film. Mais pas vraiment comme je m’y attendais. On retrouve les enfants dans un hangar sombre en train de faire bouger (en se déplaçant eux-mêmes) une abeille virtuelle sur un écran.

J’adhère complètement à l’idée de jouer le rôle d’une abeille pour comprendre la pollinisation et réaliser tout le travail fait par les abeilles pour produire du miel.

Abeille

Par contre, il est tout à fait possible de l’apprendre à l’extérieur, sans écran. D’aller voir des ruches et de discuter avec les apiculteurs.

Je ne sais pas si les élèves ont également fait cela, mais si c’est le cas, j’aurais apprécié que cela soit montré dans le film. Au lieu de voir, pendant de nombreuses minutes, des enfants jouant les abeilles, de nuit, dans un hangar.

La méditation XXL

Stéphanie Brillant, nous présente une école qui a mis en place des moments de respiration, plusieurs fois par jour, avec des élèves. Un des moments est commun avec toute l’école. Dans une autre scène, nous pouvons voir un cours de méditation avec des enfants.

Je suis heureuse que tant d’enseignants souhaitent apporter des moments de bien-être dans leur école et à leurs élèves. Par contre, j’ai moins apprécié la façon dont la méditation est amenée. Elle est enseignée de façon frontale et amenée comme une nouvelle discipline obligatoire.

La méditation oui, mais pas imposée aux enfants !

Méditation film cerveau des enfants

Solange Denervaud nous fait remarquer qu’il faut faire attention à ne pas utiliser la méditation comme une discipline à part entière. Les enfants font de la méditation, sont créatifs et emphatiques de nature. Il n’est pas nécessaire de leur dire quand le faire ni comment faire. Tous les enfants méditent dès qu’ils sont dans cet état de flow dont j’ai parlé précédemment.

L’important n’est pas de leur apprendre à méditer ni à être créatifs, mais de faire en sorte qu’ils aient l’espace de les entraîner !

Et vous ? Qu’en pensez-vous ?

Si vous souhaitez en savoir plus sur la méditation en classe, j’ai écrit un article pour une amie de blog à ce sujet : Méditation en classe enfantine : Comment l’amener et la gérer ?

Méditation enfant

À bientôt,

Vanessa BeauverdVANESSA BEAUVERD Enseignante formée en Coaching, Discipline Positive, Communication NonViolente (CNV), Ludocréativité et Programmation Neuro-Linguistique (PNL). Vous pouvez me suivre sur Facebook, Instagram et Youtube
"Ton bien-être contribue à celui de tes élèves !"
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